Madagascar

Madagascar se situe dans l’Océan Indien, séparée de l’Afrique par le canal du Mozambique (large de 400 km) et traversée par le Tropique du Capricorne dans le Sud de l’île, vers Toleara (ex Tuléar). Madagascar est donc située en zone tropicale et s’étend sur 1500 km environ du Nord au Sud, sa largeur étant presque de 600 km dans sa partie la plus large.

Son relief est très différencié. On y trouve :

– des plateaux d’une altitude variant en moyenne de 800 à 1200 m, dans la partie centrale (montagnes de l’Ankaratra) jusqu’au Nord (massif du Tsaratanana), hautes terres entrecoupées de vallées encaissées et qui culminent à plus de 2000 m dans le Nord.

-sur le versant oriental, le relief s’abaisse en pente raide jusqu’à une bande côtière étroite baignée par l’océan Indien.

-le versant occidental, le long du canal de Mozambique, est moins abrupt et descend progressivement vers une large plaine littorale.

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La chaîne centrale donne naissance à de nombreux  cours d’eau ; en particulier la Mananjeba, la Betsiboka et le Fiherenana qui se jettent dans le canal du Mozambique ; les rivières Lokoho, Simiana, Mangoro et Mananara, plus courtes, qui se jettent dans l’Océan Indien à l’Est.

 

Le partage de l’île en deux zones de relief distinctes, les plateaux et la plaine littorale, se retrouve grossièrement dans la géologie de Madagascar:

-le socle précambrien (gneiss, micaschistes, cipolins) du plateau central entoure des îlots de granite (presqu’île de Masoala) et de basalte (restes d’éruptions volcaniques datant du Crétacé et du Quaternaire).

-en marge de ces massifs, on peut observer à l’Ouest, des sédiments calcaires (massifs de l’Ankarana et de Bemaraha)  et dans le Sud, des grès du Lias (particulièrement dans le massif de l’Isalo).

Le climat présente également une grande diversité : Madagascar est située entre la zone des basses pressions équatoriales au Nord et l’anticyclone de l’Océan Indien, au Sud-Est. Les alizés  règnent à l’Est et les moussons au Nord-Ouest. En règle générale, l’hiver austral d’avril à octobre y est plutôt sec et relativement frais alors que l’été de novembre à mars est chaud et humide. Cependant, le caractère insulaire, la dissymétrie du relief et l’étirement en latitude déterminent plusieurs régions climatiques :

-La Côte Est : soumise aux alizés du Sud-Est, elle reçoit de fortes précipitations pratiquement toute l’année (3500 mm à Toamasina ex Tamatave, 6000 mm parfois à Maroantsetra ! ) : saison des pluies de novembre à mars et précipitations souvent abondantes entre juin et fin-août ; pas de saison sèche marquée dans cette zone où les températures restent élevées toute l’année (23° < t < 30° en décembre et 18° < t < 25° en juillet à Toamasina).

-Le Nord : les précipitations y sont moins importantes que sur la côte Est mais le Nord est également très arrosé et très chaud ; la saison sèche y est  plus marquée (22° < t < 33° en décembre et 18° < t < 31° en juillet dans le Sambirano).

-Les Hautes Terres centrales : leur climat est influencé par l’altitude avec une diminution des pluies,  donc présente une saison sèche marquée, et une diminution des températures. L’amplitude thermique est  importante et l’hiver, les températures sont, la nuit, souvent proches  de 0°C (18° < t < 25° en décembre et 10° < t < 20° en juillet à Antananarivo).

Le versant occidental : il est peu arrosé ; les précipitations sont étalées sur 7 mois avec une saison sèche de plus en plus marquée du Nord vers le Sud ; les températures sont élevées .

-Le Sud-Ouest et le Sud : avec un climat semi-aride, le Sud et le Sud-Ouest de l’île reçoivent moins de 500 mm de pluie par an ; les précipitations s’étalent sur quelques semaines en décembre-janvier ; la saison sèche qui dure 10 mois environ, est caniculaire (22° < t < 33° en décembre et 18° < t < 27° en juillet à Toleara).

Coupée du continent depuis 50 millions d’années, l’île de Madagascar a évolué seule. Par suite, l’essentiel de sa flore (et de sa faune) est endémique*. Madagascar constitue un véritable sanctuaire végétal (et animal), unique au monde. Malheureusement, du fait de la misère des populations, la vie rurale exerce une pression très forte et la vie sauvage et la forêt en particulier, sont très menacées. Il reste très peu de la forêt originelle de Madagascar.

On peut distinguer :

-les formations primaires comprenant les forêts primaires et les fourrés : les forêts primaires représentent actuellement 16 % de la surface de l’île avec un taux élevé d’endémicité. Ce sont : les forêts denses humides sempervirentes* (Sambirano, extrémité Nord de l’île et versant oriental) et les forêts caducifoliées* : tropophiles* ou forêts sèches, de montagne dans les Hautes Terres Centrales, Nord-Ouest, Ouest et Sud-Ouest, sclérophylles* ou de type méditerranéen, de moyenne altitude (versant occidental du centre) ; les fourrés soumis à des conditions climatiques sévères (froid ou sécheresse caniculaire) sont situés dans les montagnes des Hautes Terres et dans le Sud-Ouest et le Sud (fourrés xérophiles* et bush)

-les formations secondaires : elles représentent 63% de la surface de l’île et correspondent à la dégradation des forêts primaires. Ce sont les forêts secondaires : (région orientale, Sambirano, qui s’installent après l’abandon des cultures sur brûlis), les savanes qui s’installent après la destruction des forêts secondaires (régions occidentales, Hautes Terres centrales et quelques zones de la région orientale) et la  steppe du Sud (résultant du défrichement et de la dégradation des fourrés xérophiles*)

-les formations particulières : la végétation des affleurements rocheux, dômes granitiques de la région centrale ou Tsingy calcaires du Nord-Ouest : chaque zone est souvent le siège d’un microendémisme* très marqué, et les marais, les marécages et les mangroves* du littoral.

Pour mieux comprendre les explications ci-dessus, voici une carte détailler de Madagascar .

 

Les Bégonias de Madagascar :

Comme on peut le remarquer, Madagascar ne constitue pas un biotope mais de nombreux biotopes. Les Bégonias de Madagasacar  se rencontrent du niveau de la mer jusqu’à une altitude de 1800 m environ. On les trouve pratiquement sur tous les types de sols de l’île.

Excepté dans le Nord et l’Est, ils subissent une saison sèche parfois très contraignante comme dans l’Ouest, période pendant laquelle ils se mettent au repos . Un grand nombre d’entre eux sont des bégonias tubéreux. La saison des pluies est comme ailleurs celle de la reprise de la végétation avec floraison en fin de saison humide et production des graines en début de saison sèche.

D’une façon générale, la flore de Madagascar, l’une des plus riches du monde, est endémique* à 80%. Quelques Bégonias de Madagascar poussent dans toute l’Afrique tropicale mais de nombreuses espèces de l’île ne se rencontrent qu’à Madagascar. On remarque de plus un endémisme* très étroit concernant les Bégonias malgaches, endémisme limité à une forêt, un massif, voire une falaise ou un cours d’eau, notamment sur la Côte Nord-Est.

La flore de Monique Keraudren-Aymonin publiée en 1983 cite et décrit une cinquantaine d’espèces de Bégonias de Madagascar et des îles voisines dont certains sont très peu connus. D’autres espèces ont été découvertes depuis, notamment par Henri Laporte, voyageur collectionneur qui, au cours de onze voyages à Madagascar  a rencontré plusieurs plantes nouvelles pas encore décrites à ce jour. Il est probable que de nombreux autres bégonias restent à découvrir dans la Grande île.

 

 

A Madagascar, on rencontre des Bégonias :

-dans la forêt ombrophile* de plaine qui subsiste  au Nord-Ouest, au Nord  et sur une bande étroite le long de la côte Est, sous forme d’îlots jusqu’au Sud de l’île : Sambirano au Nord-Ouest, Sambava, Mandritsara, presqu’île de Masoala, régions de Mananara, de Betampona. Ce sont, par section :

ERMINEA : B. bogneri ; B. erminea ; B. nana ; B. razafinjohanyi

MUSCIBEGONIA : B. kalabenonensis ; B. perpusilla

Les bégonias de ces deux sections sont souvent des petites plantes tubéreuses qui poussent fréquemment sur des rochers des cours d’eau dans le nord et l’est de Madagascar.

D’autres sont des plantes rampantes rhizomateuses à feuilles persistantes des forêts humides de l’est :

NERVIPLACENTARIA : B. lyallii var. lyallii

 

-dans quelques lambeaux de forêt d’altitude : Montagne des Français, Montagne d’Ambre, massifs du Tsaratanana et du Marojezy, région du lac Alaotra, région volcanique d’Antsirabe, et région de Fianarantsoa et le long des cours d’eau : rivières Mananjeba, Lokoho, Simiana et Mandrare  au Sud.

QUADRILOBARIA : B. ankaranensis ; B. antsiranensis ; B. bagotiana ; B. bekopakensis ; B. françoisii ; B. goudotii ; B. mananjebensis ; B. nossibea

Ce sont des bégonias tubéreux ou des rhizomateux des forêts caducifoliées* de l’ouest malgache, des Tsingy calcaires, des bords de cours d’eau du nord ; ils perdent leur partie aérienne pendant la saison sèche.

 

-dans les forêts sèches clairsemées de l’Ouest : région de Mahajanga (rivière Betsiboka) et massif de l’Ankaratra et plus au Sud, où malgré une saison sèche longue et contraignante, quelques bégonias sont présents dans certaines rocailles humides : massif de l’Isalo, haute vallée du Firehanana

QUADRILOBARIA : B. isalensis

MEZEIRA : B. humbertii

NERVIPLACENTARIA : B. madecassa ; B. majungaensis

Ces bégonias sont souvent de grandes plantes des forêts sèches de l’ouest malgache, portés par de grandes tiges ; leurs feuilles tombent en saison sèche ; ne restent alors que les tiges.

 

Pour voir les bégonias de ce biotope en photos, rendez-vous dans la galerie d’images dédiée en cliquant ici.
(Les initiales ajoutées au nom des espèces non identifiées sont celles des collecteurs : HL = Henri Laporte et JDBS = Jacky Duruisseau / Bernadette Sénéchal)